Archive pour la catégorie ‘Actualité politique’

Woerth / Proglio : même combat !

Lundi 25 janvier 2010

Communiqué de presse De la Fédération de l’Oise du Parti Socialiste

Une fois de plus, Eric Woerth, Maire UMP de Chantilly, Président de la Communauté de communes de l’Aire Cantilienne, Président départemental de l’UMP de l’Oise, Trésorier national de l’UMP et Ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, s’est illustré en faisant des déclarations complètement déconnectées de la réalité quotidienne des Français. A l’occasion des protestations légitimes des syndicats à propos de la double rémunération de Monsieur Proglio, qui prétendait initialement à un salaire de 2 000 000 € par an, Monsieur Woerth a crû nécessaire de préciser qu’il s’agissait d’assurer à Monsieur Proglio « toutes les chances de remplir sa mission » et que « la France n’est pas un pays qui paie si bien que ça ses dirigeants. »

Les socialistes de l’Oise rappellent à Monsieur Woerth que la rémunération demandée par Monsieur Proglio représente 125 fois le salaire minimum. Une fois de plus, la majorité UMP de Nicolas Sarkozy fait des cadeaux aux plus riches et fait peser le poids de cette politique sur les ménages les plus modestes… Si l’indécence de cette politique n’apparaît pas évidente à Monsieur Woerth, c’est sans doute qu’il est lui-même habitué à la double-casquette de trésorier de la UMP et de l’Etat !

La suppression de Taxe Professionnelle favorise…les territoires riches !

Mardi 19 janvier 2010

L’UMP isarienne, sous l’impulsion d’Eric Woerth, ministre des finances, tient en ce moment quelques réunions dans le département pour “informer” les gens sur le mensonge des socialistes.

Sauf qu’au jeu du plus grand menteur, l’UMP se prend les pieds dans le tapis.
En effet, Lundi La Tribune, quotidien peu réputé pour être à gauche, relevait les premiers résultats des simulations proposés par le ministère des finances (voir article ci-dessous).

Que faut-il en retenir?
Tout simplement que la suppression de la TP aggrave les inégalités.
En effet, le mécanisme de compensation avantage les collectivités qui ont la matière fiscale la plus forte au détriment des collectivités industrialisées. Triste (et dangereuse) réforme…

Droit de vote des étrangers aux élections locales : la section socialiste de Nogent-sur-Oise soutient la volonté de Martine Aubry

Vendredi 15 janvier 2010

Lors de ces voeux à la presse Martine Aubry a annoncé sa volonté d’instaurer le droit de vote des étrangers aux élections locales. Il ne s’agit pas d’une nouvelle proposition, plusieurs gouvernement PS l’avaient annoncé sans l’avoir malheureusement encore mis en oeuvre.

En effet déjà en 1981 François Mitterrand en avait fait une de ses 101 propositions, mais en 1988 l’idée est abandonnée en raison de l’hostilité de l’opinion sur une telle mesure. On peut effectivement se rappeler que dans les années 80, les idées du FN avaient le vent en poupe et le RPR de l’époque diffusait les messages d’une droite dure.

En 2000, une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, déposée par les Verts à l’Assemblée nationale, est adoptée par la gauche et les centristes. Mais en période de cohabitation, le premier ministre Lionel Jospin n’inscrit pas le texte à l’ordre du jour du Sénat, considérant qu’il n’a aucune chance de passer devant la Haute Assemblée. Cette proposition est cependant reprise dans son projet présidentiel en 2002…mais le 21 avril est passé par là.

A droite aussi les positions changent, signe général que l’opinion des français sur ce point est en train d’évoluer. Pour autant, l’UMP résiste encore, Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, estime notamment que pour intégrer les immigrés, la naturalisation est une réponse “plus adéquate”. Position qui semble partagée puisque le PS déposé une nouvelle proposition de loi constitutionnelle, mais celle-ci est immédiatement rejetée par la droite.

Par la suite, les associations ne cessant de se mobiliser, plusieurs consultations sur le droit de vote des étrangers sont organisées dans une centaine de villes. En 2006, les sénateurs socialistes présentent sans succès une nouvelle proposition de loi.

Entre-temps, des personnalités de droite, tels Philippe Séguin, Nicolas Sarkozy et Françoise de Panafieu, se déclarent favorables à une telle réforme. Mais face aux réactions très mitigées au sein de l’UMP, son candidat renonce à en faire une de ses propositions pour la présidentielle de 2007, à la différence de Ségolène Royal. En 2008, les socialistes échouent une nouvelle fois à faire figurer le droit de vote des étrangers aux élections locales dans la réforme de la Constitution.

Alors en 2012, peut être les socialistes arriveront-ils à instaurer le droit de vote des étrangers aux élections locales. Si cela arrive, il faudra s’en féliciter, et par la suite pourquoi ne pas conduire une seconde réflexion sur la possibilité de vote aux élections nationales…

Article réalisé sur la base d’un article du Monde.fr daté du 13.01.10

Grippe H1N1, la politique de Roselyne Bachelot s’enrhume, tandis que les laboratoires se refont une santé !

Jeudi 7 janvier 2010

Invitée du journal télévisé de TF1, lundi 4 janvier, la ministre a annoncé avoir résilié la commande de 50 millions de doses de vaccins, sur un total de 94 millions commandées cet été. “Ces commandes n’avaient été ni livrées ni payées, elles sont donc résiliées”, a-t-elle précisé.

Vaccins en solde !
La ministre a ajouté lors de son intervention que l’Etat économiserait ainsi plus de 350 millions d’euros, suite au désistement ! Oui, mais elle s’est également dit ouverte à des discussions avec les laboratoires pharmaceutiques, autrement dit la France va devoir payer des pénalités…mais à combien ? De plus qu’elle va être le prix de ces doses déjà achetées et aujourd’hui revendues en masse par les pays riches…on peut supposer que les prix vont fortement baissés, l’Etat ne rentrera donc pas ses frais !

Si l’État et les Français vont y perdre, ce sont les laboratoires qui se frottent les mains.
Comme l’a relevé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, le gouvernement a été victime d’”une forme de pression” des laboratoires pharmaceutiques “grands vainqueurs de cette affaire”.
D’ailleurs, la France n’est pas seule, plusieurs pays européens commencent à revendre leurs surplus de vaccins contre la grippe A sur le marché mondial. Aussi, les États membres du Conseil de l’Europe ont décidé de lancer une enquête sur l’influence qu’auraient pu avoir les compagnies pharmaceutiques sur la campagne de vaccination mondiale.

Mais qu’en pensent les pays pauvres ?
Ils avaient déjà été virtuellement condamnés par les prix prohibitifs des vaccins, alors que les pays riches en avaient acheté des millions sans rechigner. La grippe A a tout l’air d’une grippe de riches, lesquels se sont payé le caprice d’une overdose de commandes…

Le secrétaire de section, Thomas Décary

Voeux 2010 de Martine Aubry

Vendredi 1 janvier 2010

Le Conseil constitutionnel annule la taxe carbone, Les Echos, 30/12/09

Mercredi 30 décembre 2009

Le Conseil constitutionnel juge que les nombreuses exemptions à la taxe carbone sont contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créent une rupture de l’égalité devant l’impôt. Le gouvernement va présenter un nouveau dispositif en Conseil des ministres dès le 20 janvier.

C’est un immense camouflet pour Nicolas Sarkozy et le gouvernement, et un jugement qui fera date dans l’histoire du Conseil constitutionnel. Saisi par le Parti socialiste sur le projet de loi de Finances 2010, celui-ci a censuré, hier soir, tous les articles ayant trait à la taxe carbone, celle-ci faisant l’objet de trop d’exemptions pour respecter le principe d’égalité devant l’impôt (pêcheurs, agriculteurs, routiers, entreprises les plus polluantes soumises au marché des quotas européens, etc.) et remplir l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique qui était le sien. Le gouvernement, qui savait que les exonérations constituaient la principale entorse aux règles de droit, n’en était pas moins abasourdi, hier, par la sévérité du jugement, qui annule purement et simplement un des volets majeurs du budget 2010.

Plusieurs mois de retard

Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé aussitôt qu’un nouveau dispositif « qui tiendra pleinement compte des observations du Conseil constitutionnel » sera présenté en Conseil des ministres le 20 janvier, dans le cadre du collectif budgétaire intégrant les investissements du grand emprunt. Cela implique un nouveau passage devant le Parlement et donc plusieurs mois de retard dans l’entrée en application de la mesure. Ironie du sort, le Parti socialiste n’avait formulé aucun grief particulier contre ces exonérations, son recours ayant surtout trait à la taxe professionnelle. Ce volet a été validé dans ses grandes lignes (lire ci-dessous).

Mais le Conseil constitutionnel s’est autosaisi sur la taxe carbone, en motivant longuement sa décision. Il a jugé que, par leur importance, les exemptions prévues par la loi étaient « contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique » et créaient une « rupture caractérisée de l’égalité devant l’impôt ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ces exemptions « auraient conduit à ce que 93 % des émissions d’origine industrielle soient exonérées de contribution carbone » et à ce que moins de la moitié des émissions de CO2 « soient soumises à la contribution carbone », explique le Conseil dans un communiqué.

En clair, la taxe carbone aurait porté essentiellement sur les carburants et les produits de chauffage, qui ne sont que l’une des multiples sources d’émission de CO2. Les grands groupes industriels, qui sont déjà soumis au marché européen des quotas, n’ont aucune raison d’échapper à la taxe, car les quotas sont « attribués à titre gratuit jusqu’en 2013 », ajoute le Conseil, dans un argumentaire qui va singulièrement compliquer la tâche du gouvernement dans les semaines qui viennent, puisque l’exemption des industriels les plus polluants paraît difficilement tenable. Mais l’exécutif ne voulait pas entendre parler d’une taxation en attendant 2013. Le Conseil condamne aussi le fait que les centrales thermiques produisant de l’électricité étaient également exonérées.

Un manque à gagner

Autre sujet brûlant : cet automne, le gouvernement avait multiplié les exonérations pour rendre la mesure acceptable auprès des professions les plus exposées : ainsi, les agriculteurs et les pêcheurs ne devaient-ils acquitter que le quart de la taxe carbone. Les transporteurs routiers, fluviaux et maritimes devaient être remboursés à 35 % par l’Etat. Les biocarburants devaient être, eux aussi, totalement exonérés, soit un manque à gagner de 150 millions d’euros pour l’Etat. Ils nécessitent pourtant beaucoup de CO2 pour être produits, ce qui fait dire au Conseil constitutionnel que l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique n’est pas rempli.

La taxe carbone devait entrer en vigueur vendredi. Cet impôt, le premier d’envergure créé depuis vingt ans, était censé frapper toutes les consommations d’énergie fossile (pétrole, charbon, gaz) et imposer la marque écologique du gouvernement. La tonne de CO2 émise devait être facturée à hauteur de 17 euros, un niveau deux fois inférieur au montant préconisé par les experts en juillet (32 euros). Concrètement, la réforme devait se traduire par une hausse de 4,11 centimes par litre d’essence et de 4,52 centimes par litre de gazole. Tout est à refaire pour le gouvernement.

LUCIE ROBEQUAIN, Les Echos

Sarkozy plus libéral que l’oncle Sam ?

Dimanche 27 décembre 2009

Barack Obama a réussi tant bien que mal à imposer sa réforme de la couverture maladie, malgré quelques concessions, ce projet marque une évolution dans la société américaine, et rompt avec l’image caricaturale que nous, Français, avons de la société de l’Oncle Sam.
Relativiser la victoire d’Obama
- Si le projet instaure pour la première fois le principe d’une assurance maladie obligatoire (sous peine d’amende) à 94% des moins de 65 ans, 5 millions d’Américains en resteront exclus.
- le texte a fait l’objet de concessions lors du vote par les sénateurs, en effet pour s’assurer les voix de l’indépendant Joe Liberman et du démocrate centriste Ben Nelson, les défenseurs du projet ont dû revoir leurs ambitions à la baisse. Les partisans du projet ont dû faire deux concessions majeures : renoncer à l’«option publique», censée faire concurrence aux assurances privées, et interdire l’utilisation des fonds publics pour rembourser l’avortement.
- les deux chambres doivent s’entendre désormais sur une version commune…donc le texte n’est pas encore définitif.

Le grand ami de W. Bush serait-il nostalgique ?
Nicolas Sakozy reste plus que jamais entêté par sa vision libérale, il déroule pas à pas son projet d’une France toujours plus libérale, où l’Etat en est réduit à sa plus simple expression, en particulier le service public de la santé qui ne cesse d’être bradé aux mutuelles de Santé, alors qu’il était un des piliers et la fierté de notre République. Pourquoi vouloir être plus libérale que les américains alors qu’eux même reviennent sur leur modèle ? Le libéralisme est une recette périmée !

Voir la bande annonce du film de M. Moore Sicko (ci-dessous) qui en dit long sur le service public de la santé aux USA et ce qui fait rêver notre cher Président.

Le secrétaire de section, Thomas Décary

“Ce que Sarkozy propose, c’est la haine de l’autre”, Le Monde, 26.12.09

Dimanche 27 décembre 2009

Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED).

Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l’identité nationale. Sans dissimuler sa colère. “Si vous êtes au pouvoir et que vous n’arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature”, estime-t-il.

Que vous inspire le débat sur l’identité nationale ?

Je m’en suis tenu à l’écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l’approche d’une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l’islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu’historien, j’observe comment cette thématique de l’identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.

Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?

Le Front national a commencé à s’incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s’intéresser aux problèmes posés par l’intégration des populations immigrées.

On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d’exister jusqu’en 2007. Comme je l’ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d’immigrés d’origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d’opinion le montrent : les thématiques de l’immigration, de l’islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.

La réalité de la France est qu’elle est en train de réussir son processus d’intégration. Les populations d’origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d’Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l’effondrement du Front national.

On estime généralement que c’est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national…

Les sarkozystes pensent qu’ils ont récupéré l’électorat du Front national parce qu’ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c’est une erreur d’interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n’était pas une confrontation sur l’immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N’oublions pas que Sarkozy est l’élu des vieux.

Comment qualifiez-vous cette droite ?

Je n’ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n’est plus la droite, ce n’est pas juste la droite… Extrême droite, ultra-droite ? C’est quelque chose d’autre. Je n’ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d’une analyse durkheimienne – en termes d’anomie, de désintégration religieuse, de suicide – autant que d’une analyse marxiste – en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d’émergence oligarchique.

Le chef de l’Etat a assuré qu’il s’efforçait de ne pas être “sourd aux cris du peuple”. Qu’en pensez-vous ?

Pour moi, c’est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot “peuple”, il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu’il propose aux Français parce qu’il n’arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c’est la haine de l’autre.

La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu’ils n’en ont rien à foutre des questions de couleur et d’origine ethnique ou religieuse !

Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l’extrême droite ?

On est dans le registre de l’habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu’il exprimait son hostilité à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.

Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans – comme en Afghanistan ou sur l’Iran – n’est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c’est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question…

Si vous êtes au pouvoir et que vous n’arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu’elle a été pratiquée avant-guerre.

Quels sont les points de comparaison avec cette période ?

Un ministre a lui-même – c’est le retour du refoulé, c’est l’inconscient – fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : “Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d’interroger sur ce qui fonde réellement l’identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l’atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.”) En manifestant d’ailleurs une ignorance de l’histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l’histoire allemande de l’entre-deux-guerres, c’est que ce n’était pas qu’un débat sur l’identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l’ont montré. La France n’est pas du tout dans ce schéma.

Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d’avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L’Etat se mettant à ce point au service du capital, c’est le fascisme. L’anti-intellectualisme, la haine du système d’enseignement, la chasse au nombre de profs, c’est aussi dans l’histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.

La comparaison avec le fascisme, n’est-ce pas excessif ?

Il ne s’agit pas du tout de dire que c’est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d’entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l’extrême droite en Europe.

C’est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d’immigrés…

L’habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d’un côté la haine, le ressentiment ; de l’autre la mise en scène d’actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c’est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.

Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi, Article paru dans l’édition du 27.12.09

Militer jusqu’au bout ! S’abstenir tue la démocratie la suite…

Jeudi 24 décembre 2009

La section socialiste de Nogent sur Oise se livre à sa dernière action de sensibilisation de l’année en diffusant sur le marché aujourd’hui à 16h30 un tract d’incitation au vote.

Puis après ce sera une pause bien méritée, aussi les socialistes de Nogent sur Oise vous souhaitent un joyeux noël.

Identité nationale : “L’UMP prise à son propre jeu” selon Le Pen, Rue 89, 22.12.09

Mercredi 23 décembre 2009

En bon soldat de Nicolas Sarkozy, Eric Besson martèle sa haine du Front national, tout en multipliant les appels du pied aux sympathisants frontistes. Le débat sur l’identité nationale [1] est fait pour ça. Lancé à cinq mois des régionales, il est stratégique : l’objectif est de combattre les triangulaires de second tour avec l’UMP et le FN, traditionnellement favorables à la gauche.

Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale pourrait même aller plus loin. Si le FN n’atteignait pas les 10% au premier tour, seuil nécessaire pour se maintenir, il n’a pas rejeté, a priori, un éventuel appel du FN à voter pour l’UMP au second tour, ce mardi sur RTL [2] :

« Je ne sais pas, nous n’en sommes pas là. »

Malgré les dérapages au sein de la majorité ou dans les commentaires sur le site Internet dédié [3], malgré le Front national qui se frotte les mains de l’émergence de ce débat, Eric Besson assure ne pas vouloir reculer :

« Je ne vais pas commenter ce que dit le Front national. (…) Il y a une part des Français qui s’interroge effectivement, il ne faut pas tourner autour du pot, sur la capacité qu’a la France de rester une terre d’immigration réussie, d’intégration, d’assimilation comme disaient les vieux républicains, et qui s’interroge aussi, sur la place de l’Islam dans la république française. Cette question-là il faut la traiter froidement, sereinement, de façon républicaine. »

« L’Elysée n’a aucune solution à apporter »

S’il ne veut pas commenter, c’est aussi que toutes les études d’opinion donnent raison au FN, qui le clame sur tous les tons : les électeurs frontistes ne se laisseront pas une nouvelle fois séduire par l’UMP. Marine Le Pen, vice-présidente du parti d’extrême-droit et tête de liste dans le Nord-Pas-de-Calais, ne dit pas autre chose à Rue89 :

« Ce débat est une chance pour les Français, il correspond à une crise identitaire flagrante, il est nécessaire, même si l’on sait qu’il a été ouvert pour des raisons électoralistes. Mais il sera difficile à refermer par une simple injonction de l’Etat, sans actes forts, telle l’inscription dans la Constitution que la République ne reconnaît aucune communauté.

L’UMP est prise à son propre jeu. D’abord parce que le FN monte, mais surtout parce que son discours est faible. L’Elysée n’a aucune solution à apporter, et il ne faut pas ouvrir un débat auquel on n’a rien à apporter. »

Selon le baromètre Opinion Way de décembre pour Le Figaro et LCI [4], la courbe des intentions de vote entre le 1er octobre et le 10 décembre est passée de 36 à 30% pour l’UMP, contre 6 à 10% pour le FN.

Ce qui se vérifie sur les partis se ressent également sur les personnalités. D’après le tableau de bord politique de l’Ifop pour Paris Match [5], entre novembre et décembre, Eric Besson perd cinq points (à 35% de bonnes opinions) au profit des leaders du Front national : plus deux points pour Jean-Marie Le Pen (20%) et surtout plus six points pour Marine Le Pen (29%).

L’analyse de Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l’Ifop, publiée vendredi dernier dans Le Monde [6], est sans appel :« Ce débat apporte de l’eau au moulin de l’extrême droite. On voit bien que l’UMP patine et que le FN se refait une santé sur cette thématique. L’immigration et la sécurité, qui ont toujours été le moteur du vote frontiste, n’étaient plus au centre du débat public. On remet ces thématiques sur le devant de la scène et ça fait un appel d’oxygène pour le FN.

En 2007, l’OPA sur les électeurs frontistes par M. Sarkozy avait complètement fonctionné. La déception a été très rapide et très brutale. Toutes les tentatives pour reconquérir cet électorat se sont soldées par un échec. Aujourd’hui, le FN redevient une alternative intéressante pour ces électeurs. »

Sans compter que, selon un autre sondage CSA pour Le Parisien de lundi [7], 50% des personnes interrogées souhaitent l’arrêt ou la suspension temporaire du débat sur l’identité nationale, contre seulement 34% qui veulent poursuivre les discussions. « Ça ne peut que redonner de l’oxygène au FN »

Eric Besson joue d’autant plus avec le feu que sa majorité UMP, lorsqu’elle n’est pas elle-même à l’origine de dérapages, commence à le lâcher peu à peu [8]. Jean-Pierre Raffarin estime que « la question de l’identité ne peut pas être une réflexion de comptoir », Christine Boutin que ça « ne peut que redonner de l’oxygène au FN ». Tandis que François Baroin juge « indispensable de suspendre le débat ».

« Le président de la République m’assure de son soutien tout comme le Premier ministre », rétorque le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, cependant pleinement conscient que son avenir politique est en jeu :

« Si d’aventure, dans quelques mois, on trouvait que le débat avait été mal mené, ce sera de ma responsabilité. Je n’ai jamais cherché, dans ma vie, de parapluie ou de protection : ça serait de ma responsabilité. »